Prothèses mammaires PIP : l’organisme certificateur reconnu coupable

Le 14 novembre dernier, le Tribunal de commerce de Toulon a reconnu la responsabilité du leader mondial de certification TÜV dans l’affaire des prothèses mammaires défectueuses PIP.

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C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire des prothèses mammaires PIP. Six anciens distributeurs de ces implants réclament aujourd’hui au groupe de certification allemand TÜV, 28 millions d’euros d’indemnités. Par ailleurs, 1700 patientes porteuses d’implants mammaires PIP (sud-américaines, françaises et anglaises) demandent chacune 16 000 euros au titre du préjudice moral et d’anxiété. Une bonne nouvelle pour les patientes ; la reconnaissance de l’implication de TÜV, qui réalise deux milliards de chiffre d’affaire, représente leur seul espoir d’obtenir réparation.

Mise en question de TÜV

Les plaignants estiment que l’implantation des prothèses, jugées cancérigènes, n’aurait pas pu se produire sans des erreurs commises par le certificateur de qualité d’origine allemande, l’entreprise TÜV. Pour pouvoir vendre ses produits, l’entreprise française Poly Implant Prothèse (PIP) devait en effet obtenir le label de certification CE (Conformité Européenne) et devait ainsi faire l’objet, chaque année, d’une inspection par cet organisme. Sa mission était non seulement de garantir leur conformité aux normes européennes, mais aussi de s’assurer qu’elles étaient sans danger pour les patientes. Pour le Tribunal de Toulon, « TÜV n’aurait pas réalisé les contrôles avec le sérieux qu’on était en droit d’attendre d’une entreprise leader sur ce marché ».

Scandale de santé publique

Aujourd’hui liquidée, l’entreprise PIP fabriquait dans les années 2000 des prothèses mammaires destinées aux opérations de chirurgie esthétique des seins. Depuis la découverte en 2010 de la dangerosité des produits qu’elles contiennent, la société est au cœur d’un scandale sanitaire mondial. Ces prothèses présenteraient en effet un taux de rupture deux fois plus important que celles des autres marques. Par ailleurs, le gel de silicone utilisé pour remplir les prothèses était destiné à un usage industriel et non médical. Évalués comme potentiellement dangereux pour l’organisme, ces implants ont été responsables d’un certain nombre de cas d’inflammations. Il n’a à l’heure actuelle par contre jamais été prouvé de liens direct entre ces implants et la survenue de cancers chez les patientes concernées.

Chiffres clés sur les prothèses mammaires PIP

Conformément aux recommandations de l’AFSSAPS, 10034 patientes (sur 30 000) à fin Mai 2012 se sont fait remplacer leurs implants mammaires PIP. 26,4% des patientes avaient une rupture de leurs implants. Ce chiffre semble assez logique car on peut penser que sont opérées en priorité celles dont les implants ont une suspicion de rupture.

Par contre, il n’existe pas de sur-risque de cancer du sein chez patientes porteuses d’implants mammaires PIP en France, risque corroboré par les hautes autorités scientifiques de Grande Bretagne (NHS).

Publié le 02/06/2017

Par le Docteur

Docteur Thierry KTORZA

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