Le lipofilling mammaire est une augmentation mammaire par injection de graisse : on prélève votre propre graisse par liposuccion, on la prépare, puis on la réinjecte dans les seins. Il n’implique donc ni implant ni autre corps étranger. Mon avis sur le lipofilling mammaire est favorable lorsque l’indication est bien posée et que ses limites sont clairement expliquées : le gain de volume reste modéré, il faut disposer de réserves graisseuses suffisantes et une partie de la graisse greffée se résorbe dans les premiers mois. Voici ce que j’explique en consultation, sans idéaliser le résultat.
Augmentation mammaire par injection de graisse : pour qui et avec quels résultats ?
Cette technique s’adresse aux femmes qui recherchent une augmentation discrète et naturelle au toucher, une correction d’asymétrie ou un galbe plus harmonieux.
Le gain est généralement modéré et dépend à la fois du volume de graisse disponible, de la capacité des tissus mammaires à la recevoir et du taux de prise du greffon. Une patiente très mince, sans réserve adipeuse suffisante au niveau du ventre, des hanches ou des cuisses, n’est donc pas toujours une bonne candidate.
Le lipofilling et l’augmentation mammaire par implants ne répondent pas exactement au même projet. Les implants permettent un gain de volume plus important et plus prévisible en une seule intervention. Le transfert graisseux privilégie une évolution plus discrète, sans prothèse.
Le cas idéal est la patiente souhaitant une augmentation mammaire discrète et souhaitant se débarrasser d’une petite culotte de cheval ou d’un petit ventre ou de petits poignets d’amour. Dans ce cas l’intervention permet de traiter deux problèmes dans le même temps.
Quelle proportion de graisse se résorbe ?
Une partie de la graisse injectée se résorbe naturellement dans les premiers mois. On estime souvent cette perte autour de 30 %, mais elle varie selon les patientes, la qualité de la graisse, la technique employée, la vascularisation des tissus et le tabagisme. Il ne s’agit donc pas d’un pourcentage garanti. Une seconde séance peut parfois être envisagée pour compléter le résultat, à condition qu’une nouvelle zone de prélèvement soit disponible.
La fraction qui se revascularise reste ensuite durablement en place. Elle se comporte comme le reste du tissu adipeux et évolue avec les variations de poids, les grossesses, la ménopause et le vieillissement naturel des seins. Pour mieux comprendre cette évolution, vous pouvez consulter l’article consacré au résultat définitif du lipofilling mammaire.
Quand peut-on comparer les photos avant et après ?
Une comparaison avant/après n’a de sens qu’à distance de l’intervention. Dans les jours qui suivent, l’œdème augmente temporairement le volume des seins. Celui-ci diminue ensuite avec la disparition du gonflement et la résorption d’une partie de la graisse. Une photographie prise une semaine après l’opération ne permet donc pas d’évaluer le résultat et est donc parfaitement inutile
Comment se déroule un lipofilling mammaire ?
L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie générale et dure environ deux à trois heures. Elle comprend trois étapes : le prélèvement par lipoaspiration, la préparation de la graisse afin d’écarter notamment l’huile et les liquides d’infiltration, puis sa réinjection en fins tunnels dans différents plans du sein.
Cette répartition en petites quantités au contact de tissus bien vascularisés favorise la prise du greffon. La durée de l’intervention et les suites dépendent notamment du volume à transférer et du nombre de zones donneuses.
Quelles cicatrices après une injection de graisse dans les seins ?
Le sein n’est pas ouvert par une longue incision. La graisse est injectée à l’aide de fines canules introduites par des orifices de quelques millimètres. Les points d’entrée nécessaires au prélèvement sont eux aussi très courts et placés, lorsque cela est possible, dans des plis naturels. Ces marques s’atténuent généralement au fil des mois, sans qu’il soit possible de promettre une cicatrice totalement invisible.
L’article consacré aux cicatrices du lipofilling mammaire détaille leur emplacement, leur évolution et les soins à leur apporter.
Douleur et convalescence
Les douleurs sont généralement plus marquées sur les zones de prélèvement qu’au niveau des seins. Les patientes décrivent le plus souvent une tension mammaire modérée, ainsi que des courbatures, un œdème et des ecchymoses sur le ventre, les hanches ou les cuisses. Des antalgiques simples et le port du vêtement compressif prescrit permettent habituellement de contrôler ces suites.
Il faut prévoir environ une à deux semaines de convalescence, selon l’étendue de la lipoaspiration et la nature de l’activité professionnelle. La reprise du sport est généralement envisagée après environ un mois, selon les consignes données lors du suivi, mais la marche est recommandée dès les premiers jours.
➡️ Les recommandations générales pour bien préparer une chirurgie esthétique permettent également d’anticiper cette période.
Quand le résultat devient-il stable ?
Le résultat s’évalue généralement après trois à six mois, lorsque l’œdème a disparu et que la résorption graisseuse s’est stabilisée. Les cellules qui ont survécu à la greffe s’intègrent durablement au tissu mammaire, mais leur volume continue de suivre les variations pondérales. Il est donc préférable d’avoir un poids stable.
L’arrêt du tabac avant et après l’intervention est particulièrement important : le tabagisme altère la microcirculation, augmente le risque de complications et peut réduire la prise du greffon.
Quels sont les risques du lipofilling mammaire ?
Comme toute intervention, le lipofilling mammaire comporte des risques. Ils comprennent notamment l’infection, l’hématome, les complications liées à l’anesthésie, les irrégularités sur les zones lipoaspirées, l’asymétrie résiduelle et l’insuffisance de résultat. Deux complications sont plus spécifiques au transfert graisseux : la cytostéatonécrose, ou nécrose d’une partie de la graisse, qui peut former un nodule palpable, et les kystes huileux.
Ces risques sont abordés pendant la consultation préopératoire. Ils s’inscrivent plus largement parmi les risques associés à toute chirurgie esthétique.
Lipofilling et suivi radiologique du sein
Le lipofilling peut entraîner des modifications visibles à l’imagerie, notamment des images de cytostéatonécrose, des kystes huileux ou des calcifications. Un radiologue expérimenté en imagerie mammaire sait généralement les reconnaître, mais un examen complémentaire peut parfois être nécessaire en cas d’image incertaine.
Un bilan sénologique préopératoire adapté à l’âge, aux antécédents et au contexte clinique sert de référence et permet d’écarter une anomalie préexistante. Le radiologue chargé du suivi doit ensuite être informé de l’intervention. Un antécédent personnel ou familial de cancer du sein doit être signalé au chirurgien et au radiologue afin d’adapter la prise en charge. Le lipofilling ne dispense jamais du dépistage habituel.
Quel est le prix d’un lipofilling mammaire ?
Le prix varie selon le nombre de zones à lipoaspirer, le volume à transférer et la durée de l’intervention. Dans mon cabinet, le tarif débute à 8 500 €, honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, frais de clinique et suivi postopératoire compris. Ce montant de départ figure également dans la page des tarifs de chirurgie esthétique. Un devis écrit détaillé vous est remis avant l’intervention. En chirurgie esthétique, un délai légal minimal de quinze jours doit être respecté après sa remise.
➡️ Pour en savoir +, l’article consacré au prix du lipofilling mammaire apporte des précisions complémentaires.
Le lipofilling mammaire est-il remboursé par l’Assurance Maladie ?
Le lipofilling mammaire n’est pris en charge que dans le cadre des reconstructions mammaires après cancer ou pour une asymétrie majeure nécessitant une compensation dans le soutien-gorge ou pour des malformations mammaires (Syndrome de poland ou seins tubéreux). TOUS les autres cas ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie ni les mutuelles complémentaires.
Les conditions dépendent de l’indication médicale, de l’acte réalisé et, dans certains cas, d’une demande d’accord préalable. Les seins tubéreux peuvent par exemple relever d’une correction associant plusieurs gestes, dont parfois un lipofilling. Seule l’évaluation clinique permet toutefois de déterminer la technique indiquée et l’éventuelle prise en charge.
A noter que l’hypoplasie mammaire (avec taille de bonnet inférieure au 80A) prise en charge après demande d’entente préalable dans le cas d’implants mammaires, n’est pas pris en charge pour le lipofilling.
Questions fréquentes sur le lipofilling mammaire
Est-ce que je vais garder ce nouveau volume toute ma vie ?
La graisse qui s’est correctement revascularisée reste durablement en place. Le résultat n’est toutefois pas figé : une perte de poids importante peut diminuer le volume des seins, tandis qu’une prise de poids peut l’augmenter. Une grossesse, l’allaitement et le vieillissement naturel peuvent également modifier leur forme.
Le lipofilling augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
Les données cliniques disponibles n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque de récidive locorégionale après un lipofilling mammaire chez les patientes correctement sélectionnées.¹ La vigilance porte surtout sur le respect des indications, le bilan préopératoire et l’interprétation des examens d’imagerie. Un suivi sénologique régulier reste donc indispensable.
Le chirurgien injecte-t-il davantage de graisse pour compenser la résorption ?
Le chirurgien tient compte de la résorption attendue, mais il ne peut pas injecter un volume illimité. Une surcharge excessive compromettrait la vascularisation des cellules graisseuses et augmenterait le risque de nécrose. La priorité reste une répartition fine et homogène du greffon ; une seconde séance est parfois préférable à une injection trop importante en une seule fois.
Puis-je faire du sport après l’opération ?
La marche est recommandée dès les premiers jours, de manière progressive, afin de favoriser la circulation sanguine et de limiter le risque de phlébite. En revanche, les activités sportives intenses, les mouvements sollicitant fortement le haut du corps et les pressions importantes sur les seins doivent être évités pendant les premières semaines. La reprise du sport s’effectue généralement autour d’un mois, selon les zones lipoaspirées, la cicatrisation et les consignes du chirurgien.
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Références :
(1) Lo Torto F, Patanè L, Abbaticchio D, Pagnotta A, Ribuffo D. Autologous Fat Grafting (AFG): A Systematic Review to Evaluate Oncological Safety in Breast Cancer Patients. Journal of Clinical Medicine. 2024;13(15):4369. doi:10.3390/jcm13154369

